Histoire de L’Église #3 : La défense de la foi

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La défense de la foi : les ennemis sont de l’extérieur et de l’intérieur !

Phrase célèbre de Tertullien : “Le sang des martyrs est semence de chrétiens.”

Défendre la vérité chrétienne a toujours été d’une importance capitale dans l’histoire de l’église. Comme l’église se développait vers la fin du deuxième siècle, ce besoin fut particulièrement aigu, à la fois de l’intérieur et de l’extérieur de l’église, car des faux enseignements et des erreurs abondaient. Ainsi Dieu a ‘érigé’ un groupe d’individus – les apologistes – qui avait pour but de défendre la foi chrétienne et, ce faisant, ont conduit l’Église vers une vérité théologique profonde. Les erreurs d’alors ont forcé l’Église à réfléchir sérieusement sur ​​ce qu’ils croyaient (leur foi) et ainsi parvenir à un consensus sur ce que les Écritures enseignent.

La plupart des erreurs étaient un mélange brut de la philosophie grecque, du judaïsme et d’autres croyances de l’Est qui ont envahi ou influencé l’enseignement chrétien sur la personne de Jésus-Christ et son ministère. Les non-croyants de l’époque qualifiaient souvent les chrétiens comme des athées, des cannibales ou des personnes immorales. La première critique a surgi parce que les chrétiens de l’époque ont refusé d’adorer l’empereur ou les dieux gréco-romains (critique extérieur). La deuxième accusation résultait d’un malentendu à propos de la Cène du Seigneur et la troisième accusation fut issue d’un malentendu sur l’amour qui existait dans l’Église primitive.

Hérésies : de l’extérieur de l’église

 Gnosticisme: Aucune autre hérésie ne menaçait le christianisme primitif plus que le gnosticisme. Atteignant son apogée au IIe siècle, le gnosticisme a ses origines au moins un siècle plus tôt. En son centre, cette philosophie a une vision dualiste de la réalité. Le monde matériel et le monde immatériel étaient totalement séparés, le matériel étant intrinsèquement mauvais et l’immatériel étant intrinsèquement bon. Pour les gnostiques, il était inconcevable qu’un Dieu bon ait pu créer un tel monde rempli de mal. Ainsi, ils ont fait valoir qu’une étincelle divine, ou une émanation de Dieu a créé l’univers physique tel que nous la connaissons. Il était également difficile pour les gnostiques de croire que Jésus aurait pu avoir un corps physique. De nombreux gnostiques affirmaient que le corps physique de Jésus n’était qu’une “apparence’ voir une ‘illusion’.

Ces enseignements sont accessibles ou communiqués par Dieu uniquement à un groupe spécial ‘d’illuminés’, à une élite. Cette connaissance était nécessaire pour le salut. Parce que pour les gnostiques l’âme seule était bonne, le salut était purement spirituel ; il n’y avait pas de place pour la résurrection de la chair (physique) dans le gnosticisme. Avec ces enseignements, le cœur même du christianisme était en jeu ! Pour le Christianisme, note espoir est justement la résurrection physique.

Le Néoplatonisme : Ayant pour fond les enseignements de Platon (philosophe grec), ce défi très mystique du christianisme a enseigné que le but de tous les êtres humains c’était leur réabsorption dans l’essence divine. Cette réabsorption était réalisée où il était possible en suivant divers procédés, y compris la méditation, la contemplation, et d’autres disciplines mystiques. Le salut était purement spirituel et n’avait pas besoin de Jésus, ni de la croix, et encore moins de l’expiation.

 

Hérésies : de l’intérieur de l’église

 Le Marcionisme : Marcion était un hérétique du deuxième siècle qui avait établi une église rivale et dynamique à Rome. Il proclamait qu’il y avait deux dieux, un créateur et rédempteur. Le premier était le dieu de l’Ancien Testament, un Dieu mauvais, créateur de la matière, sanguinaire et guerrier. L’autre était un Dieu bon, le dieu de l’amour et de la rédemption, que Jésus-Christ a révélé. En raison de son point de vue sur Dieu, Marcion a également développé son propre canon de l’Écriture. Il a totalement rejeté l’Ancien Testament pour sa représentation d’un Dieu mauvais. De même, il a répudié des principaux segments du Nouveau Testament, acceptant seulement des parties de l’Evangile de Luc et dix épîtres de Paul. Les idées de cet homme étaient un poison pour l’église primitive. Comme il était une personne de richesse et d’influence, il s’en servit pour établir une église rivale à Rome qui a duré plusieurs siècles. Cependant, dans la souveraineté de Dieu, l’influence de Marcion était positive ; il a forcé l’Église à réfléchir plus attentivement et systématiquement sur ​​la nature de la Divinité et sur ​​le canon des Écritures.

L’Ebionitisme : Cet étrange mouvement apparu à la fin du premier siècle et a continué jusque dans le quatrième. À bien des égards, l’ébionitisme ressemblait aux faux enseignements que Paul réfutait dans Galates. Les ébionites enseignaient que Jésus était le successeur prophétique de Moïse et non la deuxième personne éternelle de la Trinité. En outre, les Ebionites étaient des légalistes qui voyaient en Jésus un homme exalté qui a parfaitement observé la Loi. Venant de leur dualisme, ils étaient des ascètes, ils pratiquaient une vie de pauvreté, d’abnégation, et avaient des rituels souvent complexes. Légaliste dans l’âme, les ébionites contestaient l’Evangile de la grâce libre du christianisme.

Le Montanisme: Lancé par Montanus, ce mouvement avait son centre en Phrygie (Turquie moderne) pendant le deuxième siècle. Centrale à l’enseignement de Montanus, était la révélation de la “Nouvelle Prophétie’ : la venue du Christ était proche. L’obéissance au Paraclet (l’Esprit Saint) par Son messager – Montanus – était la norme. Nécessairement, le mouvement impliqué l’utilisation des dons spirituels comme preuve de l’onction de la Seconde Venue du Christ. Le mouvement a également préconisé une ascèse rigide qui comprenait le célibat et le jeûne prolongé. Les montanistes contestaient l’autorité des responsables de l’église et ils n’étaient pas impliqués pour le développement du canon du Nouveau Testament. Pour ces raisons, l’église condamna les montanistes. La contribution du mouvement, c’est qu’il a forcé l’Église à réfléchir plus profondément sur ​​le rôle de l’Esprit Saint au sein du christianisme.

Le Docétisme: Apparu dès les débuts du christianisme, le docétisme se caractérise par une tendance à nier plus ou moins la réalité de l’Incarnation. Le docète reconnaît en Jésus-Christ le vrai Fils de Dieu et affirme sa divinité mais il incline à ne lui attribuer qu’une apparence humaine. Le Christ n’aurait pas connu la vie intra-utérine et la naissance, il n’aurait pas véritablement eu un corps de chair et n’aurait souffert et ne serait mort qu’en apparence. « docète » vient du grec « dokein », sembler, paraître. Le docétisme fut la solution proposée par des croyants heurtés à la pensée que Dieu ait pu s’abaisser à assumer la condition humaine jusque dans ses aspects les plus humbles, et pire encore, jusqu’à souffrir et mourir de la mort ignominieuse de la croix.

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