Suicide : Approche Chrétienne

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Il y a beaucoup de questions quand nous parlons de suicide. Les cas de suicide ne cessent d’augmenter, et nous sommes des fois choqués quand nous apprenons qu’une personne se donne la mort, surtout quand il s’agit d’un jeune. Nous avons souvent du mal à comprendre les raisons qui mènent ces gens à choisir la mort plutôt que la vie. Comment aurais-je pu empêcher cet acte ?  J’ai moi-même eu des amis qui ont malheureusement mis fin à leurs jours et ce ne sont pas de bons souvenirs. A cette époque, je n’avais pas de réponse. Un d’eux nous a même demandé une corde pour se pendre, mais nous avons tous pris cela comme une blague. Mais quand nous avons appris sa mort, ce n’était plus une blague. Le suicide est un fléau qui ronge la société et qui nous prive de nos jeunes. Nous ne pouvons pas rester insensibles et désintéressés par cela.

Cette semaine encore, j’ai lu deux cas de suicide dans les journaux. Le premier a malheureusement causé la mort d’une jeune personne. Heureusement que le second ne s’est pas terminé par la mort. C’est ce qui me pousse à aborder ce sujet dans notre dossier de ce mois.

Comment devons-nous réagir devant un cas de suicide, ou tentative de suicide ? Comment interpréter cela en tant que chrétiens ? Comment devons-nous faire face à ce problème ? Comment est-ce que nous pouvons aider, que pouvons-nous apporter de plus à ce problème et aider à le combattre ?

Selon plusieurs études, la plupart des cas de suicide, sont suite à des déceptions relationnelles (amoureuses et autres). En mon opinion personnelle, le suicide a pour origine (root cause) une dévalorisation personnelle, si je peux dire cela ! Le plus je repense à mes amis et à ceux qui se sont donnés la mort, le plus je réalise que c’est bien le cas. Si seulement ils connaissaient leurs vraies valeurs, alors ils ne rechercheraient pas leurs valeurs dans la vie en se basant sur les opinions des autres.

Qui suis-je ? D’où vient l’homme ? D’où vient ma vie ?:  L’homme n’est pas le fruit d’un hasard ni le fruit de l’évolution. Nous avons été créés à l’image de Dieu. Nous pouvons le lire dans le livre de la Genèse. A ce titre, nous sommes des créatures issues de la volonté de Dieu. Nous sommes les créatures que Dieu a voulues.  La vie que nous avons est donc un cadeau de Dieu. Quand il créa Adam, Dieu lui insuffla son souffle et l’homme devint un être vivant ! Il faut commencer par reconnaître que nous sommes des enfants de Dieu, et que cette vie que nous avons, c’est Dieu qui nous la donne.  L’homme a besoin du souffle de Dieu afin de devenir un être vivant. Ce texte nous montre que sans Dieu, nous ne pouvons pas vivre correctement. On ne peut imaginer vivre notre vie sans Dieu. Nous avons besoin de Dieu afin de vivre notre vie pleinement. Une vie sans Dieu est une vie incomplète.

Dans la Genèse, nous lisons que Dieu retira son esprit de l’homme, à cause de la méchanceté et du péché. Les écritures le démontrent dans Genèse Chapitre 6 le verset 3 : « Alors le Seigneur dit : « Mon souffle n’habitera pas indéfiniment dans l’homme : celui-ci s’égare, il n’est qu’un être de chair, sa vie ne durera que cent vingt ans. »

Dès lors, l’homme vécut sans l’esprit de Dieu. Sans son complément. L’homme essaya depuis ce jour de vivre par sa propre force et par sa propre intelligence dans un monde créé par Dieu. Tache quasiment impossible, car l’histoire est parsemée d’échecs et surtout de la décadence de l’humanité. L’homme ne peut vivre sans Dieu, sans l’esprit de Dieu. C’est précisément ce que Jésus vient réparer. Avec le sacrifice de Jésus, la relation est restaurée, et ce qui nous manquait nous est de nouveau disponible grâce à Jésus. Désormais, l’Esprit de Dieu vient habiter en nous. Nous sommes de nouveau complets. Nous en Christ, et le Christ en nous. Comme le début !

La grande question est bien sûr : Combien d’entre nous avons été restaurés complètement avec Dieu ? Vivons-nous par l’esprit, sommes-nous comme Jésus le dit ‘Né de nouveau, de l’esprit’ ? C’est précisément cet Esprit de Dieu qui nous permet de vaincre tout problème ou toute épreuve de la vie. C’est l’assurance que Dieu nous donne. Nous pouvons ainsi lire dans 1 Corinthiens 10 le verset 13 :

‘Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine. Dieu est fidèle, et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter.’ Ou encore dans Éphésiens 6 le verset 13 : ‘C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu afin de pouvoir résister dans le jour mauvais et tenir ferme après avoir tout surmonté.’

Augustine dit dans une de ces lettres (confessions) : « Ce que nous disons, ce que nous affirmons, ce que de mille manières nous démontrons, c’est que personne ne doit volontairement s’ôter la vie pour se libérer des souffrances temporelles, car il tomberait dans les éternelles ; ni pour éviter les péchés d’autrui, parce qu’alors lui-même – que ne souille pas le péché d’autrui – commet un très grave péché personnel ; ni pour ses propres péchés passés, parce que pour pouvoir les expier par la pénitence, nous avons spécialement besoin de cette vie ; ni par désir d’une vie meilleure que nous espérons après la mort, car les suicidés n’ont pas à attendre une autre vie meilleure. »

Quant à Thomas d’Aquin, il déclare dans la Summa theologica que le suicide est un péché mortel car il s’agit d’une agression directe à l’amour que chacun se doit à lui-même, injure envers la communauté à laquelle il appartient et du moins, lorsqu’il est perpétré consciemment et librement, péché contre Dieu par prétention à usurper un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu.

Comme résumé, nous pouvons dire que chacun est responsable de sa vie devant Dieu qui la lui a donnée. C’est Lui qui en reste le souverain Maître. Nous sommes tenus de la recevoir avec reconnaissance et de la préserver pour son honneur et le salut de nos âmes. Nous sommes les intendants et non les propriétaires de la vie que Dieu nous a confiée. Nous ne pouvons pas en disposer comme nous le voulons. Mais il faut bien comprendre que notre approche n’est pas de juger ou condamner, notre approche doit être de pouvoir apporter l’amour de Dieu là où il le faut.

Nous savons tous (nous qui croyons en Dieu) que notre autorité est bien la Bible, la parole de Dieu. Essayons de voir ce qu’elle nous dit. Cependant, la Bible fait preuve d’une certaine discrétion en ce qui concerne le suicide. Plusieurs textes de l’Ancien Testament peuvent être cités. D’abord, bien sûr, le ‘Tu ne tueras point’ (Exode 20.13) qui, on peut rappeler, a donné lieu au travers des siècles à une application pour le moins conjoncturelle. Genèse 9.5 est interprété par la tradition rabbinique par ‘Certainement, votre sang, j’en demanderai compte à votre mort,’ l’allusion au suicide étant là explicite.

On peut également citer Ézéchiel 18.4: ‘Toutes les vies m’appartiennent.’ Toutefois, pas de condamnation directe, le Pentateuque; qui fait un catalogue assez exhaustif des turpitudes auxquelles peut se livrer l’homme et que Dieu condamne, n’en parle pas. Pas plus d’ailleurs que, dans le Nouveau Testament, les listes pauliniennes ou apocalyptiques des pécheurs voués à la perdition éternelle.

Plusieurs suicidés sont cités dans la Bible. On peut passer rapidement sur Abimélec qui demanda à son écuyer de lui donner la mort pour qu’on ne puisse pas dire qu’il avait été tué par une femme. Achitophel se donna la mort après avoir vu qu’Absalon n’avait pas suivi son conseil. Plus connus, les exemples de Samson (Juges 16.30), de Saül (1 Samuel 31.4) et bien sûr de Judas (Matthieu 27.5). L’événement est décrit toujours avec une extrême sobriété, avec concision, comme sans jugement de valeur.

Par ailleurs, ces trois derniers exemples, les mieux documentés, semblent montrer que cette fin est en fait l’aboutissement logique d’une sorte de mécanique infernale, involution dramatique qui, après un point limite de non-retour, devient irréversible. Samson exploite, pour satisfaire ses goûts personnels de puissance et de luxure, la force que Dieu lui a donnée et, après avoir joué plusieurs fois avec le feu, est fait prisonnier dans les bras d’une prostituée. Saül s’enfonce progressivement dans la désobéissance, l’orgueil et la persécution contre David puis finit par consulter la magicienne d’Eyn-Dor (1 Samuel 28.8), moment à partir duquel son destin semble scellé. Judas joue un rôle trouble tout au long du ministère de Jésus, mélangeant politique et avantages personnels. Quand, en acceptant le morceau tendu par Jésus, il reconnaît être celui qui le livrera, à ce moment-là, dit le texte, Satan entra en lui et il se hâta de sortir (Jean 13.27) ajoutant sombrement qu’il faisait nuit (Jean 13.30). C’est cet enchaînement de choix désastreux qui mène au suicide, et qui, d’une certaine manière, est plus grave que le suicide lui-même. Ces suicidés, au moment de leur geste fatal, étaient déjà morts.

Les suicidaires sont peu nombreux. Jérémie (Jérémie 20.14-19) souhaite n’être jamais né. Elie (1 Rois 19.4), après le grand combat victorieux du Mont Carmel, dit Eternel, prends mon âme. Il lui fut seulement répondu, réponse d’amour, de compassion et non de jugement : Lève-toi et mange. Et Jonas, vexé de voir qu’il ne tire aucun bénéfice personnel du succès de sa mission, réclame la mort à Dieu (Jonas 4.8), lequel, patiemment, lui montre que ce désir de mort n’a pas, comme il le soutenait initialement, une cause « théologique », mais bien égoïste, réaction de vanité blessée !

De ces différents textes, on peut retenir tout à fait clairement que la vie de l’homme ne lui appartient pas, et qu’en ce sens, l’argumentation des pères de l’Eglise est juste. Cependant, il semble, sans que cela doive être interprété comme un début d’approbation ou de justification, qu’on puisse percevoir dans le texte biblique une sorte de miséricorde, comme s’il ne voulait pas ajouter à ce « malheur extrême » des paroles de condamnation.

Par ailleurs, le suicide apparaît dans le texte biblique comme la conclusion, l’aboutissement logique d’une démarche de péché et de révolte contre Dieu. Ce qui ne veut pas dire que ceux qui se suicident sont de plus grands pécheurs que les autres, ni qu’il puisse exister dans la vie de l’individu un moment où la grâce et le pardon de Dieu ne sont plus efficaces, ou qu’il n’y a plus aucun espoir de rachat, de rédemption. Mais dans son essence, le suicide, en tant que processus d’autodestruction et de mort, représente le stéréotype, le modèle même du péché. De fait, ce n’est pas le suicide qui est un péché, mais le péché qui est un suicide.

Le suicide est caractérisé par une vie brisée (à plusieurs niveaux) mais il faut surtout reconnaitre que c’est la relation fracturée ou inexistante avec Dieu qui est la source de tout problème. Dire que le suicide est un péché est vrai. Tout ce qui est contre la volonté de Dieu est péché. Dieu veut que nous ayons la vie en abondance, non pas que nous y mettions fin. En agissant contre la volonté de Dieu, nous sommes dans une situation de péché.  Ces personnes qui ont recours au suicide sont ceux qui n’ont pas trouvé de solutions à leurs problèmes. Que nous voulions l’admettre ou pas, ces personnes considèrent très peu l’option avec Dieu. C’est justement devant leur incapacité à supporter ces pressions ou problèmes qu’ils choisissent d’en finir.  Nous ne pouvons pas savoir ce qui a pu les entraîner à faire ce geste. Si seulement ils connaissaient Dieu comme nous le connaissons vraiment. Une fois qu’ils sont morts, nous ne pouvons plus rien pour eux.

Parmi les cas de suicide, il y a quelques cas qui n’aboutissent pas à la mort. C’est l’occasion d’approcher la victime et de lui parler de Dieu. JE pense sincèrement que le support professionnel est limité (mais PAS inutile) face à ce problème. Jai eu l’occasion de parler à des personnes qui ont essayé de se suicider, ou qui avaient l’idée d’en finir avec leurs vies. Ces personnes ne trouvaient rien qui les retenait dans ce monde. Nous avons tendance à leur donner une raison, une chose à laquelle ils devraient s’accrocher pour profiter de la vie. Ce n’est pas une mauvaise approche, mais elle est incomplète. L’être humain se complète seulement avec Dieu, et c’est uniquement la présence de Dieu qui peut combler ce vide et rendre la personne complète et pleine de vie, la vraie vie, celle qui vient de Dieu.

J’ai lu récemment dans les journaux qu’une fillette de treize ans s’est donné la mort à cause d’une dispute ou d’un malentendu amoureux ! A treize ans !  L’homme et la femme se réfugient beaucoup dans les relations, c’est leur tout. Et quand cette base est brisée tout bascule alors. Ils n’ont rien de solide pour s’appuyer ou s’accrocher et finissent par sombrer dans la dépression, qui des fois mène au suicide.

Mais la vie avec Dieu est autre. C’est justement la relation avec Dieu qui devient alors la base de notre vie, la source de notre joie, et notre raison de vivre. Cela est une différence très importante. Et c’est justement cela que nous devrions faire comprendre à ceux qui sont passés par une tentative de suicide. Il faut leur faire bâtir sur du solide, sur du vrai, sur Dieu.

La prévention du suicide ?

Est-ce possible de prévenir des cas de suicide ? La réponse est certainement oui. Déjà il faut pouvoir déceler les symptômes des personnes suicidaires, il faut que nous soyons attentifs à cela. Nous avons la chance inouïe de connaître le créateur de la Vie, nous sommes en un certain sens les médecins spécialistes urgentistes.

Arriver à reconnaître ces comportements bizarres et étranges ou encore inhabituels est un atout majeur. Ne soyons pas désintéressés par notre entourage, ne nous préoccupons pas uniquement de nos amis chrétiens, ouvrons nos yeux et nos oreilles, car nous avons un trésor que le monde recherche. La première étape de la prévention c’est bien à mon avis de s’intéresser aux autres, de les aimer et ainsi pouvoir déceler le moindre trouble dans leurs comportements, réflexions, paroles ou autres gestes.

Le profil à risque

Le profil à risque cumule ou intègre les éléments suivants :

  • Personnalité fragile, dépressive, anxieuse ;
  • Isolement consécutif à un veuvage ou à une perte des relations sociales ou familiales ;
  • Précarité financière ne permettant plus de faire face aux dépenses courantes relatives à l’hygiène, l’alimentation ;
  • Difficulté d’accéder à un système de soins adapté à l’âge, au degré d’autonomie, aux préférences ;
  • L’entrée en institution est un facteur de risque supplémentaire.

Les indices de pré-crise : apprendre à lire entre les lignes

Il est essentiel de décrypter le sentiment d’inutilité et la perte de l’estime de soi qui percent à travers les remarques telles “Je ne vaux plus rien”, “je dérange”, etc. Il faut être attentif face à une tendance au repli, à l’isolement évocateur d’un état dépressif dont on mesure les retentissements. Deuils et renoncements font partie de la vie et ne causent pas systématiquement un suicide.

Il faut également interpréter les modifications inhabituelles de l’humeur et du comportement : l’apparence négligée, le refus de nourriture, de soins, le désintérêt ou l’agressivité, l’irritabilité soudaine envers l’entourage…

Nous avons l’opportunité de travailler, et de nous occuper de ceux qui sont encore vivants. La vie sans Dieu est une vie fracturée. C’est pourquoi nous devons partager la bonne nouvelle de Jésus à tous ceux que nous rencontrons, ainsi nous pourrons sans le savoir, sauver des vies, et empêcher des suicides.

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